Replay Webinar : Sage Experience – La révolution Sage est-elle enfin là ?
En Bref
Sage 100 Experience Edition marque une évolution importante de Sage 100 : plutôt que de remplacer le logiciel existant, Sage lui ajoute une nouvelle interface web, plus moderne et accessible depuis un navigateur. L’objectif est de conserver la richesse fonctionnelle de Sage 100 tout en simplifiant son utilisation au quotidien. Cette nouvelle expérience intègre également de l’intelligence artificielle. Ask.AI permet d’interroger les données de l’entreprise en langage naturel, tandis que le Builder sert à créer des écrans personnalisés et les Workflows à automatiser des tâches entre Sage 100 et d’autres applications. La solution reste encore en construction : certaines fonctions, notamment en comptabilité, doivent être complétées et plusieurs possibilités sont pour l’instant réservées aux partenaires/intégrateurs. Sage annonce cependant des évolutions fréquentes avec l’ambition, à terme, de faire de cette nouvelle interface le véritable cockpit de Sage 100.
🚀 Sage Experience : la révolution Sage est-elle enfin là ?
Sage 100 possède depuis longtemps un véritable atout : sa richesse fonctionnelle. Comptabilité, gestion commerciale, stocks, fabrication, développements spécifiques… le logiciel peut répondre à de nombreux besoins et s’adapter à des entreprises très différentes.
Son principal point faible se situe davantage du côté de l’expérience utilisateur. Son interface a relativement peu évolué au fil des années et certaines opérations peuvent aujourd’hui sembler complexes ou peu adaptées aux nouveaux usages.
Avec Sage 100 Experience Edition, Sage cherche donc moins à remplacer Sage 100 qu’à changer la manière dont les utilisateurs y accèdent et travaillent avec leurs données.
🌐 Sage 100 passe à une expérience web
Le premier changement est immédiatement visible : Sage 100 Experience Edition s’utilise depuis un navigateur web.
Il ne s’agit cependant pas d’un nouvel ERP indépendant. Sage 100 reste présent derrière l’interface et conserve sa logique métier ainsi que les données de l’entreprise. Experience Edition constitue une nouvelle couche venant exploiter les fonctionnalités et les informations de Sage 100, notamment au travers d’API.
On pourrait donc comparer le Sage 100 historique au moteur d’une voiture : il continue à fonctionner sous le capot, tandis qu’Experience Edition vient moderniser le cockpit.
L’objectif à terme est que l’utilisateur puisse réaliser l’essentiel de son travail depuis cette nouvelle interface sans avoir besoin d’ouvrir régulièrement le Sage 100 traditionnel.
Cette nouvelle expérience est aujourd’hui liée à Sage Partner Cloud (SPC). Ce choix permet notamment à Sage de travailler dans un environnement davantage standardisé et maîtrisé, notamment pour les versions, l’infrastructure et la sécurité.
🖥️ Une interface plus moderne… mais surtout plus efficace
Le changement esthétique est évident, mais Sage insiste surtout sur la recherche d’efficacité.
L’utilisateur retrouve différents espaces consacrés notamment à la comptabilité, la gestion commerciale et au pilotage. Des tableaux de bord permettent par exemple de suivre le chiffre d’affaires, les données commerciales ou différentes informations comptables.
L’interface propose également un mode clair et un mode sombre et doit progressivement devenir le point d’entrée principal vers l’ensemble des fonctionnalités Sage 100.
Autre changement important : Experience Edition évolue beaucoup plus régulièrement que le logiciel historique. Pendant le webinar, Sage évoque un rythme pouvant aller jusqu’à une mise à jour par semaine, déployée de manière transparente pour les utilisateurs.
L’idée est de pouvoir faire évoluer le produit rapidement en fonction des retours du terrain.
📊 La gestion commerciale est déjà bien avancée
La gestion commerciale est actuellement l’une des parties les plus abouties de Sage 100 Experience Edition.
L’utilisateur peut notamment consulter et créer des documents commerciaux comme des devis ou des bons de livraison. Lors de la création d’un devis, l’interface permet de rechercher les clients et les articles puis de visualiser directement le document.
Les opérations réalisées depuis Experience Edition sont bien enregistrées dans Sage 100. Il ne s’agit donc pas d’une seconde base de données qu’il faudrait synchroniser.
On retrouve progressivement de nombreuses briques de la gestion commerciale : documents de vente, achats, stocks, réceptions de marchandises, fabrication, contrats ou encore abonnements, même si toutes ne disposent pas encore du même niveau de couverture fonctionnelle.
🔗 Connecter la gestion commerciale aux autres outils
L’un des enjeux importants est également de supprimer les doubles saisies.
Une entreprise utilisant par exemple HubSpot ou un autre CRM pourrait récupérer certaines informations dans Sage. Un devis ou une affaire gagnée dans le CRM pourrait ainsi déclencher la création des éléments correspondants dans Sage 100, selon les possibilités offertes par les connecteurs et les API.
Sage souhaite ainsi faire de son ERP non plus seulement un logiciel comptable ou commercial, mais davantage un centre de pilotage connecté au reste du système d’information.
🧾 Une comptabilité encore en construction
La partie comptable est pour le moment moins complète que la gestion commerciale.
Certaines fonctionnalités sont déjà disponibles, comme la saisie d’écritures, la consultation de balances âgées ou différents états financiers. Sage a également ajouté des possibilités comme la saisie au kilomètre multijournaux.
L’objectif annoncé pendant le webinar est toutefois d’atteindre une couverture très proche de celle de la comptabilité Sage 100 historique en lecture comme en écriture.
L’un des grands enjeux concerne également l’intégration de la facturation électronique. L’ambition est de pouvoir gérer davantage d’opérations directement depuis Experience Edition, notamment les statuts des factures, sans devoir constamment passer d’un outil Sage à un autre.
Le même principe devrait progressivement concerner les moyens de paiement, le bancaire, les immobilisations et les autres modules de l’écosystème Sage 100.
🤖 Ask.AI : discuter directement avec les données de Sage
L’une des nouveautés les plus visibles est Ask.AI.
Le principe ressemble à celui d’une IA conversationnelle classique, mais appliquée aux données de l’entreprise. Au lieu de rechercher manuellement une information dans différents écrans, l’utilisateur peut poser une question en langage naturel.
Il pourrait par exemple demander une comparaison de son activité avec une période précédente ou préparer un rendez-vous client à partir d’informations issues de Sage et d’un CRM connecté.
Ask.AI récupère alors les informations disponibles et peut les restituer sous une forme compréhensible, accompagnées d’une analyse.
L’objectif est donc de proposer une nouvelle manière d’accéder aux informations de Sage, particulièrement intéressante pour les utilisateurs qui n’ont pas envie de parcourir de nombreux menus ou états.
🔐 Qu’en est-il de la confidentialité et des hallucinations de l’IA ?
Sage indique avoir prévu plusieurs garde-fous.
Les données utilisées par Ask.AI proviennent des API et ne doivent donc pas être inventées par le modèle d’intelligence artificielle. L’IA sert notamment à comprendre la question, récupérer les informations pertinentes puis les présenter et les interpréter.
Différents modèles peuvent intervenir selon les besoins, notamment Claude et Mistral. Sage explique également avoir travaillé sur la confidentialité afin que les informations des clients ne soient pas réutilisées pour entraîner les modèles.
Ask.AI est aujourd’hui principalement conçu pour interroger et analyser les informations, plutôt que pour modifier directement les données comptables. Des capacités plus avancées, avec suggestions d’actions et validation humaine, sont envisagées.
🧩 Builder : créer son propre Sage 100
C’est probablement l’une des évolutions les plus intéressantes présentées pendant le webinar.
Toutes les entreprises n’utilisent pas Sage 100 de la même manière. Un écran parfaitement adapté à une société peut être inutilement complexe pour une autre.
Le Builder doit permettre de créer de nouvelles interfaces à partir des données et fonctionnalités existantes.
Pendant la démonstration, un exemple très parlant est présenté : créer une carte de France permettant de suivre les livraisons. Les bons de livraison contiennent déjà les adresses et différentes informations utiles. Le Builder peut exploiter ces données pour générer une nouvelle représentation beaucoup plus adaptée à ce besoin particulier.
Cela ouvre de nombreuses possibilités :
- créer un écran de prise de commande simplifié pour des commerciaux ;
- construire un tableau de bord spécifique à un service ;
- réaliser un suivi logistique personnalisé ;
- créer une gestion budgétaire adaptée à l’entreprise ;
- combiner les informations de Sage avec celles d’autres applications.
L’objectif est finalement de passer d’un ERP auquel l’utilisateur doit s’adapter à un ERP dont l’expérience peut s’adapter à l’utilisateur.
Pour le moment, la création de ces interfaces passe principalement par les partenaires Sage. Le webinar soulève néanmoins la question d’une ouverture plus importante du Builder directement aux utilisateurs à l’avenir.
⚙️ Workflows : automatiser les tâches répétitives
Le deuxième outil majeur destiné à personnaliser Sage Experience est celui des Workflows.
Cette fois, l’objectif n’est plus de créer un écran, mais d’automatiser une suite d’actions, éventuellement entre plusieurs applications.
Un exemple présenté concerne les factures impayées. Un workflow peut identifier les factures concernées dans Sage 100, préparer une relance selon certaines règles, envoyer un email avec la facture en pièce jointe et conserver une trace de l’exécution.
L’automatisation peut aller plus loin. Au lieu d’envoyer directement le message, le workflow pourrait créer une tâche dans le CRM du commercial responsable du client afin qu’il effectue lui-même la relance.
Autre exemple : lorsqu’une opportunité est gagnée dans HubSpot, un workflow pourrait automatiquement créer le client correspondant dans Sage 100, avec les informations et paramètres appropriés.
Cette logique pourrait permettre à certaines entreprises de simplifier leur empilement logiciel et, pour certains usages relativement simples, de remplacer des outils complémentaires dédiés au reporting, au recouvrement ou à certaines automatisations.
🔌 Sage veut davantage s’ouvrir aux autres logiciels
Experience Edition ne doit pas fonctionner dans un environnement fermé.
Des connecteurs sont évoqués avec différents outils comme HubSpot, Monday, Asana ou Google Drive, entre autres. De nouveaux connecteurs pourront être ajoutés selon les besoins exprimés par les utilisateurs et partenaires.
Le Builder et les Workflows peuvent alors utiliser les informations provenant de plusieurs systèmes.
C’est un changement important dans la philosophie de Sage 100 : l’ERP peut progressivement devenir le centre d’un écosystème d’applications, plutôt qu’un logiciel isolé du reste du système d’information.
La possibilité pour les partenaires de développer et éventuellement partager leurs propres connecteurs reste toutefois un sujet encore en réflexion.
⚡ Experience Edition peut-elle résoudre les problèmes de performances de SPC ?
La question des performances de Sage Partner Cloud a été directement abordée pendant le live.
Experience Edition ne change pas immédiatement l’ensemble de l’infrastructure puisque les données et traitements reposent toujours en partie sur l’environnement Sage existant. Cependant, des améliorations de performances ont été observées sur certains traitements pendant les tests, notamment grâce à une manière différente d’accéder aux données.
À plus long terme, si davantage de logique métier est accessible directement via les API et la nouvelle interface, la dépendance à la machine virtuelle utilisée aujourd’hui pourrait progressivement diminuer.
Experience Edition constitue donc une partie de la réponse, tandis que Sage indique travailler parallèlement sur l’amélioration des performances de SPC lui-même.
📈 Est-ce la fin des outils de BI et des fichiers Excel ?
Pas nécessairement.
Experience Edition peut déjà répondre à certains besoins relativement simples de tableaux de bord, d’analyse ou de reporting. Pour une entreprise ayant uniquement besoin de quelques indicateurs et rapports, cela pourrait réduire la nécessité d’utiliser un outil de BI supplémentaire.
En revanche, les besoins complexes continueront probablement à justifier des solutions spécialisées.
Même constat pour Excel. L’objectif n’est pas forcément de le supprimer : des interfaces peuvent être créées afin d’importer des fichiers Excel et de mapper automatiquement leurs colonnes vers les données correspondantes.
La frontière entre ERP, BI et automatisation devient donc progressivement moins nette.
🗺️ Une roadmap encore très chargée
Sage 100 Experience Edition reste un produit récent et plusieurs briques doivent encore évoluer.
La priorité annoncée est d’abord la couverture fonctionnelle : compléter la comptabilité, puis la gestion commerciale et intégrer progressivement les autres modules Sage 100.
Parmi les grands chantiers évoqués figurent également :
- l’intégration plus poussée de la facturation électronique ;
- les moyens de paiement et les fonctions bancaires ;
- l’amélioration du multi-sociétés ;
- de nouveaux connecteurs ;
- de nouvelles possibilités pour Ask.AI, le Builder et les Workflows ;
- des outils d’administration et de suivi destinés aux partenaires.
Sage insiste également sur la co-construction. Une roadmap permet de proposer de nouvelles fonctionnalités et de suivre l’avancement des demandes.
L’ambition affichée est d’arriver progressivement à une couverture complète de Sage 100 dans cette nouvelle expérience.
🎯 Vers un Sage 100 invisible ?
C’est peut-être la transformation la plus intéressante à retenir de ce webinar.
Sage 100 ne disparaît pas. Au contraire, sa richesse fonctionnelle et sa logique métier constituent la base de cette évolution. Mais l’utilisateur pourrait progressivement avoir de moins en moins besoin de voir son interface historique.
Sage 100 deviendrait alors en quelque sorte le moteur et la base structurée de l’entreprise, tandis que des interfaces web, des écrans personnalisés, des automatisations et de l’intelligence artificielle constitueraient la partie visible.
Experience Edition est encore jeune et plusieurs limites existent aujourd’hui. Mais l’orientation est claire : plutôt que de reconstruire entièrement Sage 100, Sage cherche à conserver son moteur tout en réinventant la manière de l’utiliser.
✅ Réponses aux questions posées pendant le live
Sage Experience Edition ne règle pas instantanément tous les problèmes de performances de SPC. Néanmoins, des améliorations ont été constatées sur certains traitements lors des tests. À plus long terme, l’utilisation croissante des API et la réduction de la dépendance à la machine virtuelle pourraient également améliorer l’expérience. Sage indique travailler parallèlement sur les performances de SPC.
Le Builder permet déjà de créer des écrans et des usages personnalisés autour des données Sage et d’autres outils. En revanche, Sage encadre actuellement fortement cet environnement : il n’est pas possible de connecter librement son propre Claude à Sage 100 et d’exploiter directement le serveur MCP sous-jacent. Cette stratégie pourrait évoluer.
Les grosses bases restent dépendantes de l’infrastructure Sage existante. Experience Edition ne supprime donc pas automatiquement les problématiques liées aux traitements très lourds. Des améliorations ont toutefois été observées sur plusieurs opérations grâce à la manière dont les requêtes et accès aux données sont réalisés.
Oui. Le Builder peut être utilisé pour créer une interface budgétaire personnalisée et la connecter aux données Sage, voire à d’autres sources.
Oui. L’environnement web facilite la conservation de logs permettant de suivre les actions et transformations effectuées par les utilisateurs.
Non, pas actuellement. Les fonctions d’intelligence artificielle sont encadrées par Sage et accessibles principalement à travers les outils proposés, notamment Ask.AI, Builder et Workflows.
Pas encore. Ask.AI fonctionne actuellement dans une logique mono-société. Sage travaille cependant sur une ouverture multi-sociétés. Le Builder peut déjà être utilisé pour créer certaines vues exploitant plusieurs bases.
Selon les explications données pendant le webinar, Sage a conçu l’architecture pour éviter que les données clients soient réutilisées pour entraîner les modèles. Les informations nécessaires restent encadrées par l’architecture mise en place et les logs nécessaires sont conservés dans l’environnement prévu à cet effet.
Oui. Le Builder peut permettre de remplacer certains fichiers Excel par des interfaces directement connectées à Sage. Mais lorsqu’Excel reste nécessaire, il est également possible d’imaginer des interfaces d’import permettant de mapper les données du fichier avec Sage 100.
Sage travaille plus largement sur ses fonctionnalités bancaires et le « Banking as a Service ». L’objectif est notamment de faciliter la récupération des transactions et le rapprochement bancaire. L’intégration de comptes externes et l’évolution vers les nouveaux standards bancaires font partie des chantiers évoqués.
Pas directement avec Ask.AI pour le moment. En revanche, le Builder permet déjà d’imaginer des vues utilisant plusieurs bases. Le multi-sociétés dans Ask.AI fait partie des évolutions envisagées.