Facturation électronique : 1 mois après le 1er septembre, qu’est-ce qui s’est vraiment passé ?

Facturation électronique : bilan un mois après le 1er septembre 2026

Bon.

Ça fait un mois.

Après deux ans à parler du 1er septembre 2026 comme d’une date presque fatidique, nous avons maintenant suffisamment de recul pour commencer à regarder ce qui s’est réellement passé.

Et première bonne nouvelle : le monde ne s’est pas arrêté de tourner.

Les entreprises ont continué à facturer. Les comptables à comptabiliser. Les fournisseurs à envoyer leurs factures. Et les DAF à faire tout le reste de leur boulot.

Chez BLC, je dois reconnaître qu’on avait quand même un peu préparé les casques et les gilets pare-balles pour septembre. 😅 BLC – Tout savoir sur la RFE

Nos équipes travaillent quotidiennement avec Sage, Pennylane et différents outils de gestion. On savait donc que nous allions être en première ligne.

On l’a été.

Mais avec un mois de recul, ce qui m’intéresse surtout, c’est que les problèmes n’ont pas toujours été ceux que nous avions imaginés.

Et surtout, les questions ont déjà changé.

Alors plutôt qu’un énième article sur ce que prévoit la réforme, voici ce qu’on a réellement vu pendant ce premier mois.


Déjà, ça marche.

Il faut commencer par là.

Parce qu’à force de parler des problèmes, on pourrait presque oublier l’essentiel.

Au bilan J+30 publié par l’AIFE, 12 millions de factures électroniques ont été échangées depuis le 1er septembre, représentant 37 milliards d’euros. Au 20 septembre, 72 % des entreprises ciblées avaient désigné une Plateforme Agréée.

12 millions.

On n’est plus vraiment dans le test.

Et je trouve important de le dire parce qu’on a passé tellement de temps à expliquer tout ce qui pourrait mal se passer qu’on pourrait oublier de reconnaître ce qui fonctionne.

La machine a démarré.

Est-ce qu’elle tourne parfaitement ?

Non.

Est-ce surprenant un mois après avoir changé une partie de l’infrastructure de facturation des entreprises françaises ?

Pas vraiment.


Finalement, beaucoup moins de panique que prévu

C’est probablement mon premier constat terrain.

Je m’attendais franchement à pire.

Nous avons eu des appels. Beaucoup.

Des clients qui n’avaient pas terminé leur préparation. Des inscriptions à vérifier. Des mises à jour. Des factures qui n’arrivaient pas. Des adresses à activer. Des « pourtant j’ai tout fait comme il fallait »…

Mais pas de chaos généralisé.

Et avec le recul, je pense qu’on a peut-être tous un peu dramatisé le fameux 1er septembre.

La réforme n’a pas été un interrupteur qu’on aurait brutalement passé de OFF à ON.

Elle a plutôt été le début d’une période pendant laquelle les entreprises, les éditeurs, les PA et nous, intégrateurs, allons apprendre à faire fonctionner tout ça ensemble.

Et là, oui, il reste du boulot.


« Je suis inscrit à une PA, donc c’est bon. »

Alors celle-là…

On l’a entendue quelques fois. 😅

Et c’est probablement l’un des enseignements les plus importants de septembre.

Être inscrit à une PA ne signifie pas forcément que tout le reste est prêt.

Il faut encore que l’entreprise soit correctement référencée.

Que les bonnes adresses soient actives.

Que le routage soit correct.

Que le logiciel soit à la bonne version.

Que les flux soient correctement paramétrés.

Et surtout, détail assez important : qu’une première facture arrive réellement au bon endroit.

Sur le papier, ça paraît évident.

Dans la vraie vie, beaucoup moins.

On s’est ainsi retrouvé à expliquer à certains clients qu’après l’inscription, il fallait encore aller activer des éléments dans le portail.

Ou à comprendre pourquoi une entreprise apparaissait sur plusieurs plateformes.

Ou pourquoi une facture était bien partie mais n’était jamais arrivée là où tout le monde l’attendait.

Bref : septembre nous a appris que l’inscription n’était pas la ligne d’arrivée. C’était parfois juste le début du parcours.


L’annuaire : personne n’en parlait vraiment. Maintenant, tout le monde devrait s’y intéresser.

C’est assez amusant.

Pendant deux ans, on a énormément parlé de PA.

Beaucoup moins de l’annuaire.

Et pourtant, dès qu’on commence à avoir de vrais flux, on comprend rapidement son importance.

Au 8 septembre, 4,66 millions d’unités légales avaient déjà été appropriées dans l’annuaire et 240 091 avaient changé de PA. Ce sont des données de démarrage, pas les chiffres actuels, mais elles donnent une idée de l’ampleur des mouvements dès la première semaine.

Plus de 240 000 changements de PA aussi rapidement, ce n’est quand même pas anodin.

Parce qu’à partir du moment où une entreprise change de plateforme, une question toute bête apparaît :

mes prochaines factures savent-elles où aller ?

C’est exactement pour cela que j’ai consacré un article complet au sujet de la portabilité.

L’annuaire, l’adressage et le routage peuvent sembler être des sujets très techniques.

Jusqu’au jour où votre facture n’arrive pas.

À ce moment-là, bizarrement, tout le monde trouve le sujet passionnant. 😅


Et les éditeurs dans tout ça ?

Je vais parler uniquement de ceux que nous connaissons chez BLC.

Je pourrais aller regarder ce qui se raconte ailleurs et faire un grand classement des PA après un mois.

Ça ferait certainement un bon titre LinkedIn.

Mais ce ne serait pas très sérieux.

Je préfère raconter ce que nos équipes et nos clients ont réellement vécu.

Et les expériences ont été assez différentes.

Pennylane : étonnamment calme

Je crois que le mot qui revient le plus chez nous est : décontraction.

Et c’est clairement un compliment.

Pendant que tout l’écosystème était en tension, nous avons trouvé les équipes Pennylane plutôt sereines.

Et surtout, côté utilisateur, beaucoup de choses sont absorbées par le produit.

Pennylane est SaaS. Les mises à jour arrivent sans qu’un client ait besoin de prévoir une intervention sur son serveur un mardi matin.

La PA est intégrée à l’expérience.

Une partie de la complexité est donc invisible.

Ça ne veut évidemment pas dire que tout est parfait ni qu’il n’y aura jamais de problème.

Mais sur ce premier mois, c’est probablement l’expérience qui nous a semblé la plus fluide.

Et je pense que cela montre quelque chose d’important pour la suite : on ne va plus uniquement comparer les logiciels sur leurs fonctionnalités.

On va aussi les comparer sur leur capacité à faire disparaître la complexité.


Sage : septembre a été plus sportif

Je vais essayer d’être juste parce que nous travaillons énormément avec Sage et que comparer Sage 100 avec une solution SaaS native comme Pennylane n’est pas totalement équitable.

Le patrimoine installé n’est pas le même. Les architectures ne sont pas les mêmes. Les contraintes ne sont pas les mêmes.

Mais quand même.

Septembre a été nettement plus sportif.

Nous avons rencontré des erreurs d’inscription.

Des problématiques d’installation selon certaines configurations.

Des mises à jour et correctifs successifs.

Des clients qui pensaient avoir terminé leur inscription et découvraient qu’il restait des manipulations à effectuer.

Et surtout des équipes BLC qui ont dû annoncer à certains clients :

« Il va falloir refaire une mise à jour. »

Quand vous venez déjà de leur en faire une, ce n’est jamais la meilleure nouvelle de la journée. 😅

C’est probablement là que l’écart entre logiciel installé et SaaS devient le plus visible.

Dans un environnement SaaS, un correctif peut être déployé et l’utilisateur ne sait même pas qu’il a eu lieu.

Dans un environnement installé, le même correctif peut devenir une opération à organiser. Sage a pourtant une réponse à cela, la version SPC de Sage 100 qui permet de porter l’environnement Sage1 00 sur un hébergement Azure et de rendre les mises à jours beaucoup plus automatisables et beaucoup moins lourdes pour les utilisateurs finaux. Mais il s’agit là d’une offre assez récente et le parc Sage 100 reste encore majoritairement installé sur les serveurs de leurs clients (OnPremise). Découvrir l’offre Sage 100

Ce n’est pas uniquement un sujet Sage.

C’est un sujet d’architecture logicielle.

Mais la RFE vient de le rendre extrêmement concret.


Autre enseignement : nos vieilles données pourries commencent à nous revenir dans la figure

Je le dis volontairement comme ça.

Parce que la facturation électronique n’a pas inventé les mauvaises bases de données.

Un client sans SIRET était déjà mal renseigné avant septembre.

Une adresse approximative était déjà une mauvaise adresse.

Un fournisseur présent trois fois dans une base était déjà un doublon.

Simplement, avant, les humains compensaient énormément.

Un PDF arrivait.

Quelqu’un reconnaissait le fournisseur.

On corrigeait.

On transférait.

On appelait.

Ça passait.

Les flux structurés sont nettement moins tolérants.

Et tant mieux.

Je sais que cela peut être pénible aujourd’hui pour les entreprises qui doivent nettoyer leurs bases, mais c’est probablement l’un des effets secondaires les plus positifs de la réforme.

Elle nous oblige enfin à traiter sérieusement la qualité des données.

Et ce sujet va devenir encore plus important avec l’arrivée de l’IA dans les logiciels de gestion.

Mais ça, c’est un autre article. 😉


Et maintenant arrivent les cas auxquels personne ne pensait vraiment

C’est là que je trouve le mois d’octobre beaucoup plus intéressant que septembre.

On a traité les inscriptions.

Les versions.

Les premiers flux.

Les premières erreurs.

Maintenant arrive… la vraie vie.

Et la vraie vie est toujours beaucoup plus inventive qu’un schéma de webinar.

Exemple tout bête : la note de restaurant d’un salarié.

La DGFiP commence justement à publier des fiches pratiques pour traiter ce genre de situations concrètes.

Et derrière arrivent des dizaines d’autres questions.

Que fait-on d’une facture payée directement avec une carte d’entreprise ?

Comment gère-t-on certains frais ?

Les avoirs ?

Les entreprises avec plusieurs établissements ?

Les taxes particulières ?

Les logiciels métier ?

Les entreprises avec plusieurs PA ?

Les factures en circulation au moment d’un changement de plateforme ?

C’est maintenant que le sujet devient vraiment intéressant.

Parce qu’une réforme fonctionne toujours parfaitement avec une jolie slide :

Entreprise A → PA → PA → Entreprise B.

Dans la vraie vie, entre A et B, il y a parfois douze logiciels, trois personnes, un connecteur développé en 2017 et un fichier Excel dont personne ne connaît vraiment le propriétaire.

Bienvenue dans notre métier. 😅


Et c’est peut-être le principal enseignement de ce premier mois

La facturation électronique n’est finalement pas vraiment un sujet de facture.

C’est un sujet de flux.

Et ça change beaucoup de choses.

Une entreprise peut aujourd’hui avoir Sage pour sa gestion.

Yooz pour ses achats.

Pipedrive pour son CRM.

Une banque.

Un outil métier.

Une PA.

Des connecteurs.

Demain des agents IA.

Tout ce petit monde doit échanger des informations.

Le vrai sujet n’est donc plus :

« Est-ce que mon logiciel fonctionne ? »

Mais :

« Est-ce que mon système fonctionne ? »

Et ce n’est pas du tout la même question.

C’est aussi pour ça que je pense que l’interopérabilité va devenir l’un des gros sujets des prochaines années.

Les entreprises ont empilé les outils.

Maintenant, il va falloir les faire travailler ensemble.


Et l’humain dans tout ça ?

Il est toujours là.

Beaucoup. 😅

On pourrait même dire que nos équipes BLC l’ont particulièrement constaté pendant septembre.

La facturation électronique automatise.

Mais lorsqu’un flux automatisé ne fonctionne pas, il faut quelqu’un capable de comprendre où il ne fonctionne pas.

Et ce travail-là est beaucoup plus intéressant que de saisir une facture.

Il faut comprendre le logiciel.

La PA.

L’annuaire.

Le routage.

Les données.

Les interfaces.

Et parfois réussir à déterminer qui appeler pour débloquer le problème.

C’est exactement ce que je pense de l’automatisation en général :

elle ne supprime pas l’humain. Elle rend simplement de moins en moins acceptable de lui faire faire des tâches idiotes.

Le travail se déplace.

Et septembre en a été une très bonne démonstration.


Alors, bilan après un mois ?

Franchement ?

Plutôt positif.

Tout n’est pas parfait.

Certains éditeurs ont mieux démarré que d’autres.

Certaines entreprises étaient beaucoup mieux préparées que d’autres.

Nos consultants ont parfois ressenti quelques envies de jeter leur ordinateur par la fenêtre.

Mais 12 millions de factures et 37 milliards d’euros échangés en un mois, ce n’est pas rien.

Et surtout, les conversations sont déjà en train de changer.

Il y a encore quelques semaines, on nous demandait :

Quelle PA dois-je choisir ?

Maintenant, on commence à nous demander :

Comment je peux automatiser ça ?
Comment mes outils vont-ils communiquer ?
Comment fiabiliser mes données ?
Comment exploiter ces nouveaux flux ?

Et ça, je trouve que c’est une excellente nouvelle.

Parce qu’au fond, le 1er septembre n’était pas la ligne d’arrivée.

C’était le départ.

Septembre aura été le mois du démarrage.

Octobre sera probablement celui des vrais cas d’usage.

Et ensuite viendra la partie qui m’intéresse le plus : utiliser tout ce que la réforme a imposé pour automatiser davantage, mieux exploiter la donnée et simplifier réellement la gestion des entreprises.

La bonne nouvelle après un mois ?

On parle déjà un peu moins de « réforme de la facturation électronique ».

On commence à parler de données.

De flux.

D’interopérabilité.

D’automatisation.

De processus.

De performance.

Bref.

On commence enfin à parler de gestion.

Et chez BLC, forcément, ça nous va plutôt bien.😉

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